En un peu plus d’un siècle, le club a connu de nombreux moments heureux et malheureux. Nous avons déjà raconté la période des deux guerres qui ont provoqué beaucoup de ravages au sein de l’ AAC puis les relations avec le monde du travail.
Nous terminons aujourd’hui avec de petites anecdotes qui ont émaillé l’histoire du club. Et nous donnons rendez-vous à nos « visiteurs » dans un siècle pour le 200e anniversaire du club.
Quand l’AAC se coltine avec la Fraternelle d’Ailly sur Noye
Si aujourd’hui, l’ASC rencontre des clubs de grandes villes, il n’en fut pas toujours de même. Ainsi, en janvier 1914, pour le titre de champion de Picardie, l’AAC se mesure à la Fraternelle d’Ailly sur Noye. Mais bien avant le match, les deux clubs se déchirent par voie de presse.
Ainsi, l’AAC reproche à la Fraternelle d’Ailly sur Noye de faire du racolage, de donner des avantages financiers aux joueurs qui seraient recrutés. Le président d’Ailly sur Noye répond à l’AAC et se dit diffamé. Sur le terrain, la victoire revient à l’équipe des mercenaires d’Ailly sur Noye . En cette année 1914, le professionnalisme ou l’amateurisme marron ont commencé à faire leurs premiers pas.
Le jour ou le Docteur Moulonguet s'est intéressé à l'AAC
En 1914, l’argent est déjà le nerf de la guerre. Il en faut pour assurer les déplacements des joueurs, acheter des ballons, des filets de buts, poteaux etc.. Alors, les jeunes du club de l’AAC se déplacent en ville et font du porte à porte. Ils tentent tout simplement de trouver des mécènes.
Ainsi, un des jeunes fondateurs de l’AAC Robert PETIT, membre fondateur, n’hésite pas à aborder en plein centre de la ville, rue Saint-Leu, sur la plate-forme d’un tramway tiré par un cheval, le docteur MOULONGUET afin qu’il prenne une carte de membre honoraire.
Le docteur MOULONGUET sera tellement conquis par l’enthousiasme du jeune Robert PETIT qu’il se passionne pour le club qu’il marquera de son empreinte durant deux décennies au moins.
Le football en Picardie, un livre pour un anniversaire.
Nous sommes en 1948. Un livre parait : LE FOOTBALL EN PICARDIE. Il est imprimé par les soins de l’imprimerie DESSAINT à Doullens. Un demi-siècle de l’histoire du football départemental y est retracé avec une grand part réservée à l’Amiens Athlétic Club.
Justement, dans la préface, on y apprend que ce livre est dû à l’initiative de l’école de football de l’Amiens AC pour les 50 ans du football picard. Une excellente idée.
Parmi les quelques pages de publicité qui figurent dans ce livre, une concerne Urbain WALLET, un des plus grands joueurs du club, mais qui installé au 6 rue des Prés Forêts à Amiens, y tient un magasin de grains et engrais avec vente de pailles, fourrage et pommes de terre.
Hommage à Pierre DESSAGNES
La grande histoire du club n’a pas retenu son nom mais son influence a été immense dans sa façon de faire aimer la pratique du sport aux jeunes qui fréquentaient avant les années 1900, le Lycée d’Amiens.
Il s’agit de Pierre DESSAGNES qui fut, selon Henri-Frédéric PETIT, un éducateur hors pair doublé d’un philosophe dont l’influence sur la génération des PETIT a été énorme.
Pierre DESSAGNES était professeur agrégé d’anglais. Il estimait que la culture sportive ajoutée à celle de l’esprit n’avait pas d’équivalent dans la formation de l’individu. La création de l’Association des Elèves du Lycée d’Amiens est le prélude au développement du sport et du football à Amiens.
Le premier match à Amiens : 14 Juillet 1880
On considère que ce 14 juillet 1880 s’est déroulé le premier match public de football à Amiens. Deux équipes de jeunes lycéens furent formées : une en tenue bleue et l’autre en tenue blanche. L’histoire n’a pas retenu le score mais le capitaine de l‘équipe gagnante s’appelait Lucien BOILLEAUX. Il reçut une médaille d’argent des mains du Maire d’Amiens.
Par la suite, était créé le premier club à Amiens : le Football Club d’Amiens. Son existence fut éphémère : deux ans seulement.
Sale jeu Anglais
Au début du siècle dernier, il ne fut pas facile d’implanter le football à Amiens.
L’influence de ce professeur d’anglais M. DESSAGNES qui sera ensuite président d’honneur de l’ Amiens AC, a permis de mieux faire comprendre ce sport que beaucoup de personnes considéraient comme un jeu ridicule et pratiqué par des jeunes sauvages.
M. DESSAGNES qui avait vécu en Angleterre a ensuite imposé les règles anglaises aux élèves du Lycée qui jouaient au ballon durant les récréations. Un ballon qui ressemblait alors à un potiron.
13 avril 1902 Ã la Hotoie
C’est une date importante dans l’histoire du football amiénois. Se déroule en effet la finale du Championnat de France de football association entre l’Association sportive du Lycée d’Amiens et l’équipe du Lycée Charlemagne à Paris. Cette finale se déroula à la Hotoie devant une foule immense : 5000 spectateurs.
Les Amiénois l’emportèrent 4-0 et le football venait véritablement de gagner ses lettres de noblesse à Amiens.
Dans l’équipe amiénoise, figuraient Henri et Robert PETIT qui furent directement à l’origine de la création de l’AAC et Henri HOLGARD qui sera un peu plus tard le premier international de l’AAC.
L'ancêtre de l'Amiens SC
On le sait, l’Amiens SC existe depuis 1961. Mais ce sigle a bel et bien existé au tout début du siècle dernier. A cette époque, on notait une floraison de sociétés.
Ainsi, en 1904, Amiens-Cycle crée une section de football qui accueille également les pratiquants de .. cricket. L’Amiens Sporting Club vient de naître. Son siège social était situé au 119 rue de Beauvais.
Chaque quartier à son équipe
Au début du siècle dernier, la Ville d’Amiens voit la création de multiples clubs de football. Chaque quartier possède son propre club avec une ou plusieurs formations : Saint Pierre (4), Saint Roch (3), Saint Germain, Saint Leu, la Vallée (2 chacun).
Le football intéresse tellement qu’un journal purement sportif se crée : Sport Amateur. La prolifération des clubs à Amiens comporte un revers : le manque de terrains. Pourtant, on jouait à la Hotoie et même à l’hippodrome. A cette époque, seul l’Amiens Athlétic Club qui venait d’être fondé était propriétaire de ses installations au vélodrome.
Un gamin rédige les statuts
L’Amiens Athlétic Club a été officiellement créé le 6 octobre 1901. La première réunion s’est tenue au 111 rue Saint Jacques à Amiens au domicile de Madame Frédéric PETIT. Cinq jeunes sont à l’origine de la création : Frédéric PETIT, Robert PETIT, Georges BARBION, André HULLIN et Emile THUILLIEZ.
Toutefois, c’est un gamin de 14 ans qui sera l’auteur des statuts du club. Il s’appelait Henri PETIT et en raison de son jeune âge, il ne pouvait figurer dans le comité. Par la suite, Henri PETIT sera le Président du Tribunal de Commerce d’Amiens.
Premier match de l'Amiens AC
On considère que la première rencontre de l’Amiens Athlétic Club s’est disputée en octobre 1901. L’adversaire était Saint-Quentin. L’AAC l’emporta sur le score de 14-0 Ce match eut lieu au vélodrome, Bd de Chateaudun, à la hauteur du chemin des Epinettes. Il n’existe pas de photo de ce match. Le vélodrome fut inauguré le 12 mai 1895 et fermé en 1912.
10 octobre 1909, Un nouveau terrain
Après le vélodrome, l’AAC va bénéficier d ‘un nouveau terrain qui est situé dans le parc de la rue Henry-Daussy dans un quadrilatère compris entre la rue Henry-Daussy, la rue Vulfran Warmé, la rue Saint Hubert et l’impasse Saint Hubert.
Il est inauguré le 10 octobre 1909 avec en vedette le match l’AAC au Racing Club de Roubaix, cinq fois champion de France. Roubaix l’emporta par 6-5. Mille spectateurs payants amenèrent une recette exceptionnelle.
Ce terrain eut une existence éphémère puisque la guerre 14-18 a provoqué sa fin.
Naissance du Stade Moulonguet
Le terrain de la rue Henry-Daussy, réquisitionné par les Anglais lors de la guerre 14-18, afin d’y installer un service de camouflage, étant devenu impraticable, il fallut aller à la recherche d ‘un nouveau terrain.
Le docteur MOULONGUET devait en trouver un, situé rue Lemerchier, à droite, au dessus de la rue Jeanne d’Arc. Au départ, il s’agissait d’une simple pâture dépendant de la Ferme du Tir de Picardie.
Pierre BREHON reçut la somme de 200 francs du docteur Moulonguet comme capital de départ pour l’aménagement et la location du nouveau stade et l’achat de ballons.
Un menuisier M.BRUNEL devait ensuite fournir à bon compte les poteaux de but. Avant chaque match, les jeunes joueurs devaient changer les vaches de pâture et il fallait effectuer l‘opération inverse après.
1919-1939 : Les années glorieuses
On a souvent tendance à parler des 30 Glorieuses, ces années qui ont suivi l’après-guerre en France et qui ont permis à notre économie de repartir d’un bon pied.
Dans le Livre Naissance et Essor du Football à Amiens, l’auteur François DUBOIS n’hésite pas à souligner que les années glorieuses à l’Amiens Athlétic Club ont été de la période 1919-1939.
L’AAC a eu notamment durant ces vingt années l’occasion de briller particulièrement en Coupe de France.
L’AAC – ASC et la Presse
Certes, la presse n’a pas toujours aussi présente auprès de notre club qu’aujourd’hui. Jusqu’en 1914, les articles demeurent encore rares. Le Journal d’Amiens, le Progrès de la Somme et après la guerre le Courrier Picard ont suivi plus ou moins régulièrement les performances de nos différentes équipes.
Le premier chroniqueur qui évoque l’AAC dans le journal est un certain Joseph BOULANGER. Celui-ci avait une double casquette puisqu’il était également le vice-président de l’AAC.
Par la suite, plusieurs chroniqueurs ou journalistes ont « couvert » le club : Oswald RUPERT, Robert GLAUDEL, Maurice GEST, le père d’Alain, Député de la Somme, Michel GARROU.
Quant aux photographes, évoquons Claude RAWBONE qui avait failli être professionnel à Arsenal et le regretté Jacky DELORME qui devint photographe professionnel à France-Football grâce aux photos qu’il réalisait pour le club.
Paul NICOLAS le premier « recruteur »
Il est fréquent de nos jours de voir des émissaires des clubs se déplacer à l’étranger, parfois très loin, afin de superviser des joueurs susceptibles de venir renforcer leur club.
Cette pratique n’est pas récente puisque par exemple à Amiens, Paul NICOLAS qui était l’entraîneur du club, fut envoyé par ses dirigeants s’est déplacé à plusieurs reprises à Prague .
Hélas, ce fut un échec car les trois Tchèques qui voulaient venir n’avaient pas obtenu les formalités administratives nécessaires.
L’histoire raconte que Paul NICOLAS était bien meilleur en tant que joueur que dénicheur de jeunes talents.
Valse d'entraineurs étrangers
Avant la guerre, les entraîneurs de l’Amiens AC étaient surtout des étrangers.
Après M. COURBOT qui dirigea l’équipe en 1926, ce furent les techniciens étrangers l’Anglais ADAMS qui sera vraiment le premier entraîneur reconnu ; l’Autrichien François de WOGGENHUHBER, ancien entraîneur des équipes de Roumanie et de Hongrie ; le Tchèque KONYA, Paul NICOLAS et M. Raymond DEMEY qui sera le dernier entraîneur de l’AAC avant la guerre.
Hornack, un exemple à ne pas imiter
Eh oui, cela a existé dans les années 30. L’AAC avait recruté un joueur tchèque qui s’appelait HORNACK. Figurez vous que ce joueur avait l’habitude, la veille des matches, d’engloutir la bagatelle d’une vingtaine de bière. A ne pas imiter.
Quand l'AAC alignait trois internationaux A
Il fut une époque vraiment faste qui a vu l’Amiens AC aligner régulièrement trois attaquants qui étaient internationaux et brillaient de mille feux en équipe de France.
Ainsi, lors d’un match contre Tourcoing, Paul NICOLAS, Georges TAISNE et Ernest LIBERATI étaient alignés en pointe avec à leur côté, Marcel BRAUN, qui ne fut jamais international mais aurait mérité de l’être.
A cette époque, le club n’était pas professionnel.
Quand le cirque vient au secours de l’AAC
Il faut de l’argent pour faire vivre un club professionnel. En 1934, le cirque HOUCKE qui est de passage à Amiens, décide faire une action pour le club. Il verse le produit d’une de ses représentations et l’AAC reçoit alors la somme de 30.000 francs de l’époque.
Ce ne sera pas suffisant puisque l’AAC décide le 15 juin 1937 d’abandonner le professionnalisme. Cette première expérience aura duré quatre années puisque le club avait officiellement son premier statut pro le 10 juin 1933.
Ernest LIBERATI et Célestin DELMER à la Coupe du Monde
La première Coupe du Monde, créée par un Français Jules RIMET, a été disputée en 1930 en Uruguay.
L’Amiens AC qui venait de participer à une demi-finale de Coupe de France, a été représenté par deux joueurs : Ernest LIBERATI et Célestin DELMER.
Urbain WALLET et André GRILLON aux Jeux Olympiques
Deux Amiénois ont participé aux Jeux Olympiques : Urbain WALLET en 1928 en tant que joueur et André GRILLON en 1968 en tant qu’entraîneur de l’équipe de France .. amateur
30 juin 1961 : NAISSANCE DE L’AMIENS SC
La date du 30 juin 1961 est importante pour le club.
La Fédération Française de Football prend acte de la fusion entre les deux principaux clubs de la ville : Amiens Athlétic Club et Amiens Sports.
Le nouveau président du club est M. Georges POIDEVIN.
Jules RIMET, futur président de la FIFA vient fêter le 25e anniversaire de l'AAC
Le 12 décembre 1926, l’Amiens AC fête son 25e anniversaire.
Le Docteur MOULONGUET, Président du club, reçoit les invités dans les célèbres Salons GODBERT. Notamment M. Jules RIMET, Président de la Fédération Française et futur président de la F I F A. Jules RIMET sera aussi celui qui va créer la Coupe du Monde.
1926 : Naissance du premier club des supporters
On sait combien sont importants les supporters dans un club.
Très tôt, ces derniers ont éprouvé le besoin de se regrouper au sein d’une association.
Ainsi, nait le premier Club des Supporters.
1936-37 : trois club pros de la somme
C’est unique dans l’Histoire du football dans le département de la Somme.
En effet, au cours de la saison 1936-37, outre l’Amiens Athlétic Club, nous avons eu les clubs du S C Abbeville et Albert.
Acte de cession du Stade Moulonguet
Le 4 septembre 1923, l’acte de cession du terrain « Stade Moulonguet » a été signé chez le notaire Me Lucien PORION.
Le terrain appartient à l’Hôtel Dieu d’Amiens et il est cédé à l’Amiens AC dont le président est le docteur MOULONGUET.
Parmi les conditions particulières qui accompagnent cette cession, figure celle-ci :
« Le terrain présentement vendu restera affecté à la pratique des sports pour lesquels il a été aménagé ».
Quand un joueur de l’ASC attaquer en justice son président
Parce qu’il avait déclaré dans la presse picarde après une cruelle élimination en Coupe de France à Fécamp « nous ne gagnerons jamais tant que nous aurons des danseuses comme SEGURA), le président de l’ASC Gérard DELAHAYE se vit attaquer devant les tribunaux.
Patrice SEGURA qui se sentait sali dans cette affaire, réclamait une somme d’argent. Mais le joueur fut débouté par le Tribunal d’Amiens le 11 mars 1987.
Toute la presse nationale reprit l’affaire car il s’agissait, en l’occurrence, d’une « première ».
Quand Jean FONTAINE doit convaincre un ministre sénégalais
Jean FONTAINE était dirigeant à l’ASC et son rôle surtout à l’époque GRILLON, était de procéder au recrutement.
Parmi les joueurs les plus difficiles à faire venir à Amiens, celui de l’attaquant sénégalais DIARRA.
Il a en effet fallu que Jean FONTAINE prenne l’avion pour Munich, où se déroulaient les Jeux Olympiques de 1972. Il rencontra alors le Ministre des Sports du Sénégal Lamine DIACK afin de traiter l’affaire. Et Bamba DIARRA est effectivement venu à Amiens.
SOURCES
Le Football en Picardie
-Naissance et Essor du Football à Amiens
-Les Grands noms de l’Amiens SC
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