N’eut été le revers concédé face à Bayonne, la soirée aurait été parfaite.
L’ASC avait souhaité, pour ce match Amiens-Bayonne, inviter une quinzaine d’anciens joueurs qui, dans les 50 dernières années, ont porté le maillot du club.
La commission Histoire du Club est donc parvenue à réunir pour ce match des anciens qui ont évolué dans les années 60-70. Tous ont évolué au stade Moulonguet qui en dépit de sa déliquescence garde tout son prestige.
Jean Louis DELECOIX a effectué un gros travail de recherche mais le résultat était là : ces Anciens avaient répondu à l’appel du club et tous étaient visiblement heureux de se retrouver dans un premier temps pour le match et ensuite, autour d’une table lors de la cérémonie d’après match.
Sur le podium, ils sont tous montés pour la photo souvenir.
Le plus glorieux d’entre tous, Paul IMIELA qui a été désigné JOUEUR DU SIECE par les lecteurs du Courrier Picard, s’est vu alors remettre le maillot que le célèbre attaquant Hubert SKUPNIK n’a jamais pu recevoir.
Paul IMIELA est le seul joueur de l’ASC qui soit resté en contact avec le feu follet polonais. Lorsqu’il a pris le micro, Jean Louis DELECROIX a rendu hommage à ces joueurs « qui ont porté, mouillé et aimé ce maillot ».
Parmi ces anciens, Francis FLAUTRE a joué de 1959 à 1961. Il était gardien et avait succédé un certain GAYET qui reste encore aujourd’hui, comme l’un des meilleurs goals amiénois.
Francis FLAUTRE fut sous les couleurs de l’Amiens Athlétic Club, trois fois international en équipe de France amateur contre l’Angleterre, la Hollande et le Luxembourg.
« Mon meilleur souvenir avec Amiens reste ce match de Coupe de France sur le terrain de Boulogne contre le grand Stade de Reims avec KOPA et COLONNA. J’avais à l‘époque une photo où je plongeais dans les pieds de Raymond KOPA. D’Amiens, je n’ai que de bons souvenirs. Ensuite, je suis parti à Abbeville pour des raisons professionnelles. J’avais sept enfants et il fallait bien les nourrir ».
Francis FLAUTRE est aujourd’hui à la retraite. Ses enfants ont réussi dans leur vie.
« Je suis très heureux », souligne-t-il en remerciant encore l’ASC de lui avoir permis de se retremper dans sa jeunesse et de retrouver certains amis. Jacques BOULY en fait partie puisque le défenseur intransigeant qu’il était, a également joué la fin des années 50.
« Personnellement, j’ai d’abord joué à l’AAC même s’il s’agit du même club. Je suis resté de 1948 à 1959 et ensuite, pour des raisons professionnelles, je suis allé jouer à l‘ASPTT où j’ai fini ma carrière à 48 ans. Parmi les meilleurs souvenirs de Jacques, figure évidemment cette finale du CFA en 1959.
« Mais aussi paradoxal, c’est peut être une finale de la Coupe de la Somme à Saint Ouen qui me reste en mémoire. En effet, j’avais marqué le but vainqueur. Moi qui n’ai quasiment jamais marqué dans ma carrière. Je me souviens que pour cette finale, Edouard HARDUIN qui était l‘entraîneur l‘avait titularisé au dernier moment. Je m’étais trompé car j’avais emmené deux chaussures du même pied et HARDUIN m’avait enguirlandé ».
André LEGRAND est peut-être celui qui a incarné le mieux les différentes fusions vécues à cette époque par le club. De plus, André appartient à une famille qui a marqué la vie du football amiénois.
« J’ai commencé en benjamin à Amiens Sports en 1947. Je suis venu ensuite à l’AAC puis lors de la fusion à l’ASC. Mon meilleur souvenir reste ce match disputé à Saint Etienne lors d’une demi-finale de Championnat de France amateur. Cela devait être en 1957 et 1958.»
André LEGRAND a été dans ces années 60, un grand Monsieur du football amiénois. Un homme droit et dit-il, « toujours du côté des joueurs ». Mais quarante après, il y a chez cet homme une plaie qui ne s’est jamais refermée : la mort brutale de son frère Robert qui s’est tué dans un accident de la circulation. Ses autres frères Claude et Patrice ont eux aussi joué au club ainsi qu’un neveu Christophe qui était de la génération BATICLE-BERTIN mais qui fut malheureusement, handicapé par des blessures à répétition.
Ce soir là, André LEGRAND a pensé à ce jour où il est parti à l’armée en 1960. Avec un certain Robert BUCHOT qui jouait encore à Escarbotin.
Les deux hommes ne se sont plus quittés durant une longue période (plus de deux ans) au cours de laquelle, ils se retrouvèrent en Algérie avant d’être démobilisés le même jour. Avant de jouer ensuite à l’ASC et de conforter leur amitié qui s’est accrue sur les terrains.
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